N'y allons pas par quatre chemins : ce livre est un des meilleurs romans que j'ai lu ces dernières années. Il mélange science-fiction, philosophie, roman initiatique, fantasy, poésie, exercices de style. Une histoire passionnante, prétexte à des réflexions sur les phénomènes de groupe, l'ambition, sur le pouvoir des mots et du langage.

Mais attention, ne vous attendez pas à du fast-food : vous serez plongé directement dans la Horde, vous n'aurez pas droit à une visite guidée, personne ne vous tiendra la main, et le seul prétexte qu'il me restera pour vous traiter de lecteur assisté sera le marque-page récapitulatif de tous les membres de la horde judicieusement fourni. Intégrer directement à la Horde, c'est comme ça qu'on apprend le mieux.

Alors c'est certain, au début, vous allez vous sentir perdu. Contrer est un art délicat et dangereux, avec son propre langage, vocabulaire, syntaxe. Il requiert un groupe cohérent et soudé, où chacun à sa spécificité : traceur, feuleuse, géomaître, troubadour… Acceptez de ne pas tout comprendre de suite, tout va se mettre en place, tel un puzzle cohérent d'un monde que vous ne maîtrisez pas.

On sort de cette aventure marqué, avec des images plein la tête et une grosse envie de forcer tous ses proches à lire ce chef d'œuvre.