Le récit est typique d'une nouvelle de Lovecraft : un homme rationnel (ici, un professeur en géologie) raconte cette expédition extraordinaire, tentant de rester dans un certain matérialisme scientifique malgré l'énormité et l'horreur auxquelles il fait face. L'utilisation de la première personne rajoute énormément de réalisme à l'histoire. Son style, comme dans ses autres nouvelles, est profondément appuyé : il faut qu'on comprenne que les choses anciennes dont on a pas conscience sont horriblement horribles.

Pendant l'époque jurassique, les Anciens rencontrèrent de nouvelles épreuves sous la forme d'une autre invasion de l'espace extérieur -- cette fois de créatures mi-champignons, mi-crustacés, venant d'une planète qu'on peut identifier avec le lointain Pluton.

Contrairement aux autres nouvelles de l'auteur que j'ai lu, celle-ci a un aspect radicalement différent : le mythe de Cthulhu est démystifié. En règle générale le mythe est là, mais il nous dépasse, et ceux d'entre nous qui commencent à l'appréhender sombrent au minimum dans la folie. Ici, nous assistons quasiment à une leçon d'histoire des temps anciens. C'est plaisant, ça apporte des réponses, mais une partie de moi préférait ignorer tout cela et se laisser porter, intriguée, par l'inimaginable des autres nouvelles.

Le gouvernement, évidemment complexe, était sans doute socialiste, bien que nous n'ayons pu tirer des sculptures aucune conclusion probante à cet égard.

Si je me rends compte au fur et à mesure de mes lectures que l'œuvre de Lovecraft s'apprécie dans son ensemble, je ne conseille tout de même la lecture de cette nouvelle qu'aux personnes initiées à Lovecraft. Elles prendront plaisir à recroiser les éléments du Mythe et auront quelques réponses à leurs questions. Pour les autres, dirigez vous vers d'autres nouvelles. L'affaire Charles Dexter Ward est un bon début.