Tous les matins, notre furet reçoit sa liste de cibles par Atropos, le grand ordinateur. Il doit les éliminer, et pas forcément en douceur. Notre héros fait son métier sans état-d'âme, nageant dans une misanthropie démentielle. Jusqu'au jour où il se met à réfléchir. Si ses cibles n'étaient pas choisies au hasard ? C'est alors que les ennuis commencent.

Je n'aime pas qu'en gibier en instance soit accompagné. Ça crée des interférences, autant dire des embrouilles, et ça demande du doigté, ce qui ne me manque pas, mais quand même.

L'auteur est un énervé, un rebelle, et il traite dans ce livre engagé de la surveillance de la population par les états, contrant le discours éculé et dangereux que l'on ne craint rien si l'on a rien à se reprocher. Car cela me paraît clair : si les auteurs de polar nous parlent souvent du présent et ceux de science-fiction du futur, Le travail du furet est un roman de science-fiction construit comme un polar, nous lançant un bel avertissement.

L'intrigue est captivante et retient bien le lecteur malgré un sujet maintes fois traité. Une écriture brute et vulgaire met en exergue le nihilisme du furet narrateur, même si à mon goût, il va un peu trop loin. Notre furet étant cinéphile, les incessantes références cinématographique d'un certain cinéma de genre du XXème siècle sont plaisantes, et pour peu qu'on les comprenne, plongent très rapidement le lecteur dans une certaine ambiance. Un bouquin plaisant, mais au style trop appuyé pour moi.